Nos premiers mots furent sans ambiguité. A peine je descendais de ma voiture que je la trouvais de suite très belle et plus grande que je n'en avais gardé le souvenir, dès qu'elle passa son portail. Je le lui dis. Elle, elle s'intéressa à ma bagnole. Une volvo. Je m'intéressais à sa carrosserie et elle à celle de mon statut social que représentait ma caisse. 20 ans sans paroles et nous nous comprenions immédiatement. Face à cette banalité, il y eu du merveilleux immédiatement et je me gardais bien de la serrer dans mes bras, par amitié bien sur. Par peur sans doute.
On a papoté longuement.
Deux jours plus tard, nous sommes allés faire un tour du coté de l'étang de Thau, à coté de Bouzigues. C'est un drôle de nom Bouzigues. Au fond de cet étang, là où l'eau est peu profonde et par vent de sud, il y avait pas mal de cochonneries et ça puait de temps à autre l'odeur fantastique des égouts du coin. C'est un drôle d'étang aussi, dont nous avions dégusté les huitres quelques instants auparavant. Je crois qu'elles étaient bonnes, mais ça reste un vague souvenir. Parce que sa démarche devant moi me fascinait déjà, mais je ne le savais pas encore vraiment. Elle me dit qu'il y avait normalement des flamands roses dans le coin. J'en doutais. C'était plat d'un coté avec l'étang, et rocailleux de l'autre avec quelques fleurs parsemées dans la garrigue aux villas clairsemées. De l'autre coté de l'étang il y avait des constructions touristiques, un alignement assez moche de bâtisses avec les pieds dans l'eau. Si on ne laisse pas tremper les siens trop longtemps dedans, ils seront juste désinfectés, pensais-je.
Et je ne me souvenais pas de cet écrivain qui avait miraculeusement décrit un univers d'usines et de brouillard nauséeux dans lequel des hommes vivaient en parfaite harmonie avec la pollution qui atteignait des records. Les avions larguaient leur kérosène de temps à autre sur les habitations et cela devenait de la pluie enchanteresse. Quand le soleil perçait la brume, c'était une fois dans l'année, et personne ne comprenait à quoi cela servait. La piscine des enfants était une géniale station d'épuration... Un livre magique comme l'était le moment que nous passions ensemble qui rendait aux choses exactement ce qu'elles ne devaient pas être. Nous ne retenions que les jolies fleurs qui croisaient notre chemin.
Nous marchions. Puis, assez loin, dans une grande flaque à l'écart de l'étang nous finîmes par apercevoir les extraordinaires flamands roses qui en fait était blancs ! Voilà qui me confirma que ce bouquin m'aurait été d'une grande utilité si je m'en était souvenu. Elle me donna sa main pour passer les rocailles difficiles. J'avais envie de la pousser par les fesses dans les montées. 20 ans étaient passés... et toujours la même !
Au moins son entêtement nous avait amené jusque là. Elle me dis tu vois quand ils ouvrent leurs ailes il y a un peu de rose. Ha oui ! C'était vrai. C'était la partie qui n'était probablement pas touchée par les effluves des égouts voisins me dis-je. Sous les ailes c'était rose. Le reste était blanc. Mais je vis pour sûr dans le blanc de ses yeux, à elle, un plaisir de petite fille et jamais de désespoir de me satisfaire. Moi, je jubilais. 20 ans étaient passés ! Et elle m'apparaissait telle que je l'avais connu auparavant. Tout ce qui m'entourait était incroyablement beau et poétique.
Sur le chemin du retour, toutes ces maisons nouvelles construites dans les vignes qui formaient maintenant des lotissements la faisait râler, les bagnoles qui passaient aussi. Une vrai fille. Aucun doute. Elle-même.
Nous avions bouclé le sentier de notre vie, de nos erreurs, des impasses dont nous étions sortis indemnes ou renforcés et nous étions compris comme 20 ans auparavant. Elle me dit qu'elle avait passé un bon week end, ce qui n'était pas tout à fait vrai. Mais elle m'avait vu. Nous venions de boucler sur ce chemin 20 ans d'éloignement, qui, par la magie des lieux parce qu'ils étaient réels nous rendait admiratifs de ce que nous étions nous même. Les choses autour n'avaient pas d'importance car elle savait y donner de la magie et de la légèreté, de la tendresse.
Elle me surpris alors que j'allais la quitter là, s'approcha de moi et m'embrassa tout doucement, comme j'aimais, avec ses lèvres fines. Un baiser rose qui resta sur mes lèvres comme un fleur de poids de senteur qui vacille dans l'onde du vent.
Je n'en revenais pas, mais je su contenir cette émotion. Pas trop vite, pas si vite.... Elle, elle voulait être rassurée, mais je ne savais pas bien faire cela spontanément. J'aurai dû rester un peu plus, et plus tard je m'en rendais compte, c'était alors moi qui avait besoin d'être rassuré. J'étais parti trop vite. Pour moi c'était déjà pour mieux revenir.
L'étourdissement. Je comprenais maintenant pourquoi ce livre me revenait en tête.
Ici même :
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Le titre de ce blog est inspiré du titre d'un ouvrage "ECRIRE EST UN MIRACLE" de Paul Désalmand
Mes brouillons, mon pensum, ma poubelle et mon bloc note.... le tout réuni sur un seul blog !
lundi 5 mai 2008
20 ans plus tard...
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Benito le Guerec
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Libellés : Vagabondages
dimanche 2 mars 2008
Developpement durable
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Benito le Guerec
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Libellés : Brèves
samedi 29 décembre 2007
dimanche 9 décembre 2007
Dans la purée !!

La nuit était déjà avancée et j'entreprenais à pied la traversée du pont de pierre pour aller sur l'autre rive de la Garonne, tranquille et apaisé de savoir la belle cité calfeutrée sous son drap de fines lucioles infinies, venues du ciel.
Presque arrivé à l'autre bout du pont je me retournais pour contempler le spectacle des façades de pierre blonde et des lumières tamisées. Mais la ville avait totalement disparue. Engloutie dans le noir ! Subitement. Je cru d'abord à une panne totale d'électricité avant de réaliser que l'épaisse brume en était seule responsable.
Le bout du pont que j'avais laissé derrière moi n'était pas plus visible et je fut presque pris de panique à l'idée que moi aussi j'allais disparaitre à mon tour, rattrapé par ce linceul immuable.
Impression étrange et intense.
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Benito le Guerec
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Libellés : Quotidien
samedi 1 décembre 2007
Dans la bouillie !!
Je scrute, je tâte les paquets et je compare entre les étagères, un peu perdu. Il y a des noms qui me rappellent quelque chose, mais rien de vraiment clair. Le mot « bouillie » n’apparaît plus. Ce nom n’avait-il jamais été inscrit si clairement ? Les couleurs sont perturbantes et entre les masses des rayons garnis j’hésite un moment entre les mentions « pour bébé » et « pour grand bébé ». Je m’avoue mon scepticisme sur mon état à ce moment précis de ce que devrait être ma nature de grand ou de bébé… !! Voilà qui est troublant.
Une dame, jeune, passe par là, poussette aérodynamique et becquet arrière au devant d’elle.
— Pouvez-vous me dire où se trouve la bouillie, s’il vous plait ? dis-je, certain que la réponse fuserait par un automatisme inné, vu l’âge du rejeton casqué et ceinturé. Sa propre blancheur ne pouvant venir que des nourritures si pures sur cet arrêt au stand.
J’ai du mal à comprendre la réponse, car elle est imperceptible et son ton gêné me fait comprendre que : soit ce n’est pas la mère du bambin, soit qu’elle est une mauvaise mère. Je regarde alors le gosse s’éloigner et je suis pris de tristesse du plaisir qu’il ne connaîtrait pas de se délecter de cette pâtée succulente. Je n’avais pas connu cette malchance.
Une autre jeune femme passe par là. Brune et plutôt jolie. Certain que j’en retirerai quelques informations précieuses, je m’enquis à nouveau. Et la réponse est cette fois à mon sérieux désavantage : — Qu’est-ce qu’il prend d’habitude ?
Aïe, voilà un cas de figure qui, devant ma difficulté à lui répondre, me fait à mon tour passer pour un mauvais père. Je n’ai pas osé avouer qu’il s’agissait de moi-même….En tous cas je prends conscience de la valeur de ce lieu si prompt à nouer des échanges et qui pourrait être là, comme dans une librairie, le témoin de nos convictions intimes les plus fortes.
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Libellés : Vagabondages
vendredi 16 novembre 2007
Improvisations

Dans un rêve l'ours blanc du zoo, à cause du réchauffement climatique, avait trop chaud. On dut lui installer un frigo dans lequel il pouvait aller et venir à sa guise. Mais le frigo polluait à son tour l'atmosphère. Finalement on laissa crever l'ours dans son parc, sous le regard hagard d'une foule d'enfants pour les sensibiliser. Comme tout était bien expliqué il n'y eu pas de tristesse, mais beaucoup de peur en l'avenir.
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Libellés : Improvisations
mardi 30 octobre 2007
Les femmes au chevet de la planète
Sauront-elles faire mieux que les hommes qui se sont beaucoup amusés avec la planète ?
Ce qui est sûr c'est qu'elle a bien besoin de soins...
Michelle Bachelet (Chili)
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Libellés : Vagabondages
mercredi 24 octobre 2007
Le temps vole
J'avais pris le temps et l'avais gardé pour moi seul. Je pouvais alors chronométrer chacun dans ce qu'il faisait, puis le laisser là, figé comme une momie dans un temps infini, dès que je m'en détournais. A celui-ci qui pissait là contre un arbre je prenais son temps. J'attendais un peu plus loin, derrière un autre arbre pour observer là, un temps, puis je passais à quelqu'un d'autre.
Un chien passait par là, nonchalemment, et hop !! Je lui volais son temps à lui aussi. Il restait alors sur deux pattes, en équilibre instable jusqu'à la nuit des temps...
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Libellés : Brèves
La fable
La fable fabuleuse était affable. Comme une fontaine de mots démodés dans le plus grand chao archaïque de la naissance du monde.
La sémantique tournait la phrase entraînante de l'affable, qui ne trouvait ses maux qu'à force de persuasion.
Voilà ! Elle avait chopé le virus. La phrase. Pris le melon ! Elle se tordait de rire à cause de la Faune Ethique qui vivait, elle, sous sa cloche. Enfermée dans sa hutte à se croire primitive.
Chaque minute comptait. Montre à l'heure, elle perdit son temps.
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Benito le Guerec
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Libellés : Poésie
Clef au sol..
Dans le premier temps j'avance un pas. Un pas lent qui glisse sur le sol de bois verni. La musique est lente, discrète, du fonds de la salle feutrée et calfeutrée.
La jambe raide et timide touche l'autre jambe. La sienne.
Dans le deuxième temps je fais des arcs avec mes bras et l'invite. Elle. Dans les mouvements amples des voiles qui la couvre. Des voiles de soie, de soi. Des ailes qui se déploient.
Au troisième temps la musique est plus forte, plus vive, plus entraînante et monte, monte, s'échappe par les interstices des portes, des fenêtres...
Les bras se touchent, les jambes se croisent en clé de fa à même le sol.
La soie s'envole, les bras s'étiolent et les étoiles filent. La danseuse étoile s'envole aussi comme dans un souvenir de Perec.
J'en reste au sol, stupide, tente désespérément de passer par là jusqu'au rai de lumière, là, plus loin.
Et si, et si...
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Benito le Guerec
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