Sauront-elles faire mieux que les hommes qui se sont beaucoup amusés avec la planète ?
Ce qui est sûr c'est qu'elle a bien besoin de soins...
Michelle Bachelet (Chili)
L’imagination nous disperse et nous envoute. Seuls le temps et le récit, ces alliés essentiels, permettent de remonter le fil de nos pensées.
Sauront-elles faire mieux que les hommes qui se sont beaucoup amusés avec la planète ?
Ce qui est sûr c'est qu'elle a bien besoin de soins...
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Eugène Bricot
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Libellés : Vagabondages
J'avais pris le temps et l'avais gardé pour moi seul. Je pouvais alors chronométrer chacun dans ce qu'il faisait, puis le laisser là, figé comme une momie dans un temps infini, dès que je m'en détournais. À celui-ci qui pissait là contre un arbre je prenais son temps. J'attendais un peu plus loin, derrière un autre arbre pour observer là, un temps, puis je passais à quelqu'un d'autre.
Le temps de celui qui pissait contre son arbre disparaissait alors. Les feuilles de l'arbre étaient elles aussi suspendues, figées, immobiles et lui en bas de l'arbre était pareil. Il souriait en pissant, alors il resterait là à sourire en pissant, raide, le regard perdu dans le vague. Une statue pour l'éternité.
Un chien passait par là, nonchalamment, et hop !! Je lui volais son temps à lui aussi. Il restait alors sur deux pattes, en équilibre instable jusqu'à la nuit des temps...
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Eugène Bricot
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Libellés : Brèves
La fable fabuleuse était affable. Comme une fontaine de mots démodés dans le plus grand chaos archaïque de la naissance du monde.
La sémantique tournait la phrase entraînante de l'affable, qui ne trouvait ses maux qu'à force de persuasion.
Voilà ! Elle avait chopé le virus. La phrase. Prit le melon ! Elle se tordait de rire à cause de la Faune Ethique qui vivait, elle, sous sa cloche. Enfermée dans sa hutte à se croire primitive.
Chaque minute comptait. Montre à l'heure, elle perdit son temps.
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Eugène Bricot
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Libellés : Poésie


Dans le premier temps, j'avance un pas.
Un pas lent qui glisse sur le sol de bois verni.
La musique est lente, discrète, du fond de la salle feutrée et calfeutrée.
La jambe raide et timide touche l'autre jambe. La sienne.
Dans le deuxième temps, je fais des arcs avec mes bras et l'invite. Elle.
Dans les mouvements amples des voiles qui la couvrent.
Des voiles de soie, de soi. Des ailes qui se déploient.
Au troisième temps la musique est plus forte, plus vive, plus entraînante et monte, monte, s'échappe par les interstices des portes, des fenêtres...
Les bras se touchent, les jambes se croisent en clé de fa à même le sol.
La soie s'envole, les bras s'étiolent et les étoiles filent.
La danseuse étoile s'envole aussi comme dans un souvenir de Perec.
J'en reste au sol, stupide, tente désespérément de passer par là jusqu'au rai de lumière, là, plus loin.
Et si, et si...
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Eugène Bricot
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Libellés : Vagabondages
Dans ce sahel quasi désertique où le soleil frappe fort, sauf lors des rares pluies, la météo ne prévenait jamais du temps qu’il allait faire le lendemain. Elle se justifiait simplement du temps qu’il avait fait la veille.
Vent de sable avant la pluie, dans le sahel ou j'ai passé deux années.
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Eugène Bricot
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Une nation ou les « indésirables » se défenestrent à l’arrivée de la police dans le lieu où ils ont trouvé refuge, et se tuent, me donne envie de lui dire adieu….
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Eugène Bricot
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Libellés : Flash d'humeur
J’aime, sur la peau d’une femme, quand elle marche dans la rue à la fin de l’été, quand il fait encore chaud, croiser et entrevoir parfois sur son corps la zone d’ombre et de lumière qui sépare le bronzage de ce qui est resté caché au soleil. Une vision futile et incroyablement évocatrice. Le soleil a touché ce qu’il a pu et n’a pas flirté avec le reste. Il n’a de charme qu’avec ce qui a été exposé, juste à côté. C’est une question de contrastes.
Les nudistes bronzées, allongées sur la plage me semblent être des méduses en fin de ruts, excessivement blanches de leur mimétisme avec le sable mou et transparent comme une boule de pétanque. On est vite rassasiés. Autant les belles pudiques de fins d’été sont admirables de zones indéfinies et d’éblouissements. Un feu d’artifice sans artifices. C’est bien pire qu’au printemps, quand les décolletés commencent à s’élargir et les jupes à raccourcir. Rien à voir avec ce moment d’éveil de la nature qui vit avec nous le charme de l’excitation rustique, à la sortie de l’hiver. Là, vers le mois de septembre, cette zone frontière étrange dessine sur les corps des no man’s land, me fait osciller les yeux d’un coté, de l’autre, sans pouvoir vraiment discerner où s’arrête la limite, sans pouvoir arrêter leur mouvement. Des essuie-glaces en position rapide. Il faut avoir une bonne vue et être attentif, mais pas trop longtemps, car c’est fatiguant et ce qui compte est surtout l’idée après cette vision. Les formes sont soulignées sans qu’on les distingue vraiment, les vêtements sont presque inutiles et on envie de les arracher, là, sur le pavé, pour découvrir ce qui reste…. Combien il y a de ces zones dont on ne sait si elles sont bronzées ou pas ? Découvrir toutes ces frontières qui donnent à lire une carte du plaisir qu’on n’aura pas. Une exploration qui ne demande qu’à dépasser ces limites. Je me sens Indiana Jones jusqu’au bout des lunettes.
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Eugène Bricot
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20:43
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Libellés : Kiki
Au moment de payer mes achats, dans un supermarché quelconque, j’apprécie de façon indescriptible de demander à la caissière, avec un ton très surpris « - Mais vous m’avez fait un prix d’ami ? » et celle-ci de vérifier aussitôt le montant affiché, puis, systématiquement, de lever la tête pour vérifier si la mienne lui dit quelque chose ou pas, si à tout hasard je ne suis pas une vieille connaissance qui pourrait surgir de sa mémoire… C’est très drôle ce moment de doute, et c’est bien utile pour relever un moment particulièrement fade de la routine…
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Eugène Bricot
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20:30
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Libellés : Brèves